
"Pèlerinage"
Tôt levée ce matin, j'ai gravi la colline
Où tu m'as dit un jour:"Il faudra m'oublier".
Pas à pas j'ai suivi le sentier qui chemine
Parmi les mimosas et les genévriers.
Les cigales, au loin, faisaient vibrer leurs ailes.
Je humais les senteurs du fenouil et du thym.
J'étais pure, innocente ainsi que jouvencelle,
Mon coeur enfin guéri ne désirait plus rien.
Là-bas la mer berçait une voile esseulée.
Un nuage égaré s'étirait au levant.
Près du port endormi, au bout de la jetée,
Les mouettes dansaient, jouaient avec le vent
Il était tout à moi, le noble paysage.
Je pouvais du regard l'embrasser tout entier.
Comme au premier matin de mon pèlerinage,
J'en emplissais mes yeux, jamais rassasiés.
Je partirai demain pour un autre voyage.
Mais mon coeur apaisé ne sera jamais loin,
Puisque près des remparts du paisible village,
Je sais que tu es là, endormi sous les pins.
